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Comment tirer du passé les plats du futur
L’analyse de la crème fouettée révèle
de nouveaux systèmes… qui ont du goût. Ce mois-ci,
on fait mousser un liquide qui a du goût.
Les cuisiniers du passé n’étaient pas moins
intelligents que ceux d’aujourd’hui. Ni plus intelligents,
d’ailleurs. Pourtant, il y en a eu tant, et qui ont tant
travaillé, qu’il serait étrange que nous ne
trouvions dans leurs écrits des idées utiles. Et
puis… même si leurs avancées sont classiques,
nous pouvons chercher dans leurs écrits des idées à côté desquelles
ils sont passés.
Exercice d’application de ce théorème !
Les crèmes fouettées
Par exemple, quelques auteurs de livres de cuisine ont utilisé de
la gélatine pour faire tenir de la crème fouettée.
Gomme adragante ou gélatine : tels étaient les deux
produits les plus cités. La crème apportait la moussabilité ;
la gomme adragante ou la gélatine la tenue, par la formation
d’un gel, dans le second cas.
Analysons : une mousse est une dispersion de bulles d’air dans un liquide
(pour les mousses liquides) ; si le liquide gélifie, une fois la mousse
formée, la mousse liquide devient une mousse solide, parce que les bulles
d’air sont alors prisonnières du gel, lequel est une dispersion
d’un liquide dans un solide.
Au total, la mousse tient alors durablement.
Epurons
Que faire de cette analyse ? Observons que le système composé de
la crème et de la gélatine a deux raisons de mousser
: d’une part, certaines protéines de la crème
sont moussantes, mais aussi la gélatine ! Pour faire une
mousse, en effet, il suffit d’eau, d’air et d’un
agent moussant, c’est-à-dire de se lier à la
fois à l’air et à l’eau, et, de plus,
de former un raison à la surface des bulles.
La gélatine a ces propriétés, comme le montre l’expérience
qui consiste à fouetter de l’eau où l’on a dissout
de la gélatine. La quantité de mousse que l’on peut obtenir
? Des litres !
Evidemment, l’eau utilisée peut avoir du goût. Par exemple,
on peut faire une mousse de bouillon, mais aussi une mousse de jus d’orange,
de vin, etc.
Et cette mousse, une fois formée, tiendra en raison de la gélification
de la gélatine.
En pratique ? Dans un liquide chaud bien dégraissé,
dissoudre quelques pour cent (en masse) de gélatine (feuille
ou poudre), puis fouetter longuement en faisant mousser. Laisser
au froid, puis utiliser pour composer une œuvre.
Les recettes :
« Mousse
gélifiée d’agrume » (mise
en place par Antoine Mathurin)
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