| Menu
: |
|
Gelée
au vin jaune du Domaine Pasteur,
Salpicon de ris de veau aux fèves.
La question des gels revient ici, mais pour des gels physiques,
obtenus par utilisation
de gélatine. Il s’agit d’utiliser
un liquide, qui se boit et ne se mange pas,
pour en faire
un solide,
qui ait une tenue permettant sa consommation. Mieux encore,
les
aspics ont une transparence et une texture merveilleuse : cette
dernière est fluide,
mais non pas aqueuse.
Elle s’obtient, nous l’avons vu à propos de
la soupe à l’oignon, par formation d’un réseau,
en raison de la liaison des molécules de protéines.
Pour les gels de gélatine,
ces liaisons se font par trois.
Où la science peut-elle se rendre utile, lors de la confection
des gels ?
En recommandant une gélification assez lente,
d’une part, et une proportion de gélatine aussi faible
que possible, d’autre part.
Commençons à rebours, en expliquant d’abord
l’importance de la concentration faible
en gélatine.
Une gelée très fortement « collée »,
comme disent les cuisiniers, a peu de goût : les molécules
odorantes et sapides étant très retenues par le gel
accèdent difficilement
à nos récepteurs
gustatifs. De surcroît, la gélatine peut établir
des liaisons
avec ces molécules odorantes ou sapides, ce
qui amoindrit encore leur effet.
La lente prise des gelées permet, coup de chance, de réduire
la proportion de gélatine :
il a été démontré que
les gels de gélatine formés trop rapidement sont
cassants et aqueux, parce que les molécules de gélatine
ne peuvent se lier de façon optimale. En revanche,
des gels
de gélatine formés lentement ont une structure plus
solide,
qui résiste mieux au réchauffage. A concentration
en gélatine constante, une prise lente
fait une gelée
plus ferme… de sorte qu’une prise lente permet une
réduction
de la concentration en gélatine.
Tout est là, et la question peut alors se poser : quel liquide
délicieux faire gélifier ?
[retour]
|