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Vieux
Comté millésimé 1996
et morbier
vieilli en cave,
granité et suc de carotte à l'huile d'argan.
Au début du XX e siècle, des physiciens parvinrent à liquéfier
l’azote de l’air
en le refroidissant jusqu’à une
température de -196 degrés Celsius. A la Royal Institution, à Londres,
ils obtinrent cet azote liquide qui ressemble à de l’eau,
mais qui ne cesse
de bouillir, parce qu’à la température à laquelle
nous vivons, il doit se trouver
sous la forme gazeuse.
Très tôt, une femme pensa l’utiliser pour en
faire des crèmes glacées. L’idée fut
oubliée,
mais elle resurgit en 1976, quand André Daguin
proposa, dans son Nouveau Cuisinier Gascon, de faire des sorbets
et glaces.
Enfin, le chimiste que je suis eut l’idée que de telles
glaces et sorbets seraient
bien supérieures aux préparations
classiques. En effet, les chimistes qui préparent
de gros
cristaux savent que la solution mère doit être refroidie
aussi lentement que possible et conservée immobile. Au contraire,
pour obtenir de petits cristaux,
il faut refroidir rapidement,
et bien agiter. L’azote liquide s’impose.
Si l’on s’y prend bien, en faisant venir l’azote
sous la préparation à glacer,
on peut aussi la faire
foisonner, parce que les bulles d’azote restent alors piégées
dans la masse solidifiée.
Le résultat ? Une texture de velours, puisque faite de très
petits cristaux.
Et, en prime, un goût augmenté.
J’ai observé cet effet il y a plusieurs années
alors que j’avais confectionné une glace
à l’azote
liquide pour un industriel : quand nous avons comparé la
glace à l’azote liquide
à la même glace,
faite à la sorbetière, l’effet est apparu flagrant.
Il résulte d’une meilleure libération des molécules
odorantes, en raison de la plus fine microstructure de la glace.
Vraiment meilleur ? Oui ! Pour le journal Gault & Millau, nous
avons comparé
des sorbets au citron et des glaces à la
vanille en aveugle, et n’avons eu aucune peine
à
distinguer
la glace et le sorbet faits à l’azote liquide. Mieux
encore, pour les glace
,
la matière grasse peut être
réduite : son goût se faisant sentir davantage et
sa présence texturante étant inutile, on peut « alléger » les
glaces.
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